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La cathédrale d’Albi
1915 |

Cette toile monumentale (140 x 185 cm), réalisée
en convalescence, nous paraît clairement post-impressionniste
dans son approche de la perspective et dans son application de
la pâte. En effet, différentes techniques sont utilisées
dans différentes parties de la composition, pourtant le
ciel et ses nuages, les champs verdoyants et la massive bâtisse
jaune fondent dans une seule. Le spectateur est surpris par le
calme apparent de la scène reproduite. C’est presque
trop calme, c’est une beauté froide, les maisons
sont solidement campées, mais comme hantées par
l’immense cathédrale en brique, une bâtiment
fortifiée au Moyen-Age, qui est vue en même temps
de très près et de très loin. Il n’y
a pas un seul être humain présent! L’humaniste
Dick Beer, attiré par les conversations brillantes dans
les cafés d’artistes tels Le Dôme ou La Rotonde,
amateur de bonne chère et un conteur-né, devient
misanthrope à partir de sa participation dans la Grande
Guerre. La surdité provoquée par un fracas de grenade
augmentera avec les années, tragique pour un homme au don
musical sachant chanter l’opéra italien avec verve.
L’artiste retournera à plusieurs reprises à
Albi, fasciné par l’étrange cathédrale
Ste Cécile. Son oncle Hugo Beer, homme d’affaires
à la retraite, y vit avec son épouse alsacienne. |