| Réalité
et rêve, de l’impressionnisme au cubisme
En 1917, Dick Beer rencontre Paul Signac à Paris,
lui montre ses travaux, et reçoit des encouragements flatteurs
: « Techniquement, il est difficile d’aller beaucoup plus
loin que ce que vous réalisez déjà ». Il
peint cette année-là le modèle Jeannot assis dans
un transat, une peinture délicate, figurative mais plus tout
à fait dans la mouvance impressionniste. Ce n’est certainement
pas « contre nature » que Dick Beer évolue vers le
cubisme/expressionnisme cette année-là. C’est un
pas qui est franchi au-delà de la simple curiosité de
découvrir de nouvelles techniques ou formes.
« Le cubiste,
c’est le réaliste et le rêveur en un. Il se plaît
et se délecte à pouvoir percer les formes et les volumes
des objets, les analyser, les sonder, les tâter. Cette quête
de l’exactitude ne se contente pas de ce que nos yeux éphémères
perçoivent dans la nature. Le cubiste veut aller loin, toujours
plus loin dans le mystère. Le cubiste a ses formes, ses volumes,
sa plastique et ses couleurs. Il y a des rythmes dans la nature, dont
l’esthétique intrinsèque ne peut pas être
percée visuellement, que seules les émotions, frémissantes,
peuvent capter. », écrit-il en 1919.
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Kubistisk park, 1919 |
Et il explique aussi son évolution :
« De 1908 à 1918, j’ai
beaucoup évolué, mais je crois que cette progression se
comprend, même si d’aucuns se font un malin plaisir à
vouloir mal l’interpréter. Très jeune, j’ai
eu une première période figurative, entre 1908-1912, et
qui ne peut pas être considérée comme impressionniste.
Je suis ensuite passé à la technique coloriste divisionniste,
appartenant à l’impressionnisme, où couleurs et
formes sont dissoutes. En 1913-1914, on peut parler de néo-impressionnisme.
En 1914-1915, il s’agit toujours d’un travail de dissolution
des couleurs. Puis vient une période 1916-1918 qu’il faudrait
caractériser comme une époque charnière d’évolution
vers autre chose, certaines des œuvres étant de transition,
et dont le point culminant arrive en cette année de 1919. C’est
sans doute le mot intensité qui résume le mieux ma quête
dans la forme et les couleurs. »
(Suite)
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